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Analyse – Décryptage de l’attaque anglaise

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Dimanche le match entre l’Italie et l’Angleterre clôturait la première journée du Tournoi des 6 Nations. Malgré certains absents, le XV de la Rose n’a pas perdu en précision. Le premier essai de la partie a été marqué par Anthony Watson, décryptage d’un essai typique de l’Angleterre.

Le contexte : la rencontre a débuté depuis deux minutes, l’Angleterre obtient une pénalité en mêlée et décide de prendre la pénaltouche. Owen Farrell trouve une excellente touche dans les 22 mètres italiens, Dylan Hartley se prépare, puis effectue son lancé. Le ballon est capté, le pack commence un ballon porté avant que, Mako Vunipola, éjecte le ballon vers un Ben Youngs resté en retrait. Le demi de mêlée est en possession du ballon ci-dessous. Il a, autour de lui, cinq options. L’Angleterre a pour grande qualité de créer beaucoup d’incertitude autour de ses combinaisons. Le travail des défenseurs est assez colossal ils n’ont que quelques dixièmes de secondes pour analyser la course des attaquants et la direction du ballon. Avec autant d’options tout est possible. Des joueurs sont dans le dos des autres (4 et 5), leurs courses sont différentes, certains sont à plat (1,2 et 3) ce qui laisse la possibilité de jouer proche de la ligne défensive ou de taper un coup de pied par dessus. Bref, un vrai calvaire même si la défense italienne est en place.

Finalement l’option 3 va être choisie. Ben Te’o le deuxième centre anglais est venu se proposer près du ballon pour attaquer la ligne. Contre l’Italie Ben Te’o était le joueur le plus puissant de la ligne de trois-quarts. En attaquant la ligne il crée un point de fixation. deux italiens défendent sur lui, ils ne sont pas remis sur leurs pieds que, le demi de mêlée, Youngs éjecte le ballon de la zone. Pour l’instant l’auteur de l’essai, Anthony Watson est tout en bas de l’image, il suit avec attention la combinaison. Même si on ne le voit pas sur l’image il a un défenseur face à lui qui est en retrait pour couvrir le terrain en cas de coup de pied par dessus. Cette fois, l’ouvreur George Ford est en possession du ballon. Là encore, plusieurs choix s’offrent à lui. Owen Farrell (1), Jonny May (2) et Mike Brown (3) ont poursuivi leur course depuis le début de l’action. Jonny May est venu de son aile opposée pour créer le déséquilibre mais il n’est pas servi tout de suite. En effet, Ford choisit l’option 1. Il transmet le ballon à Farrell qui est lui aussi ouvreur de formation. Par conséquent le ballon ne perd pas en vitesse mieux, il vit.

Le surnombre va se créer maintenant, Farrell redresse un tout petit peu sa course ce qui laisse le temps à Ford de passer derrière lui. A ce niveau, cela va très vite. Farrell fait semblant de donner le ballon à Mike Brown (3) qui sert de leurre et redonne la gonfle à Ford. Jonny May (2) a, quant à lui, suivi la course de Ford en restant à ses côtés. Les défenseurs se sont fait avoir par la combinaison, l’ailier italien que l’on ne voyait pas sur l’image est venu prêter main forte à ses coéquipiers. May qui porte maintenant le ballon va le fixer et décaler son ailier Watson (n°14 dans le dos) pour l’essai. Sur cette partie de la combinaison, cinq défenseurs italiens ont été éliminés. Leur retour en travers est vain, il reste 15 mètres à parcourir pour Watson lorsqu’il reçoit le ballon lancé. Entre le moment où le ballon quitte les mains de Dylan Hartley lors du lancé en touche et le moment où Watson aplatit il s’est écoulé 14 secondes…

Durant le match, beaucoup de lancements anglais se sont faits sur la base de l’incertitude. Dans de nombreux cas, le demi de mêlée ou l’ouvreur a plusieurs joueurs qui gravitent autour de lui. Pour qu’une telle combinaison fonctionne, il faut que tout le monde respecte son rôle à la lettre. Le niveau d’exigence anglo-saxon est très élevé, sans cela cette action ne peu exister. 

L’essai à vitesse réel en tout début de vidéo :